Il nous arrive tous d’être au pris avec une chanson ou une section de chanson qui tourne en boucle dans notre tête sans vouloir la quitter.
La réponse que j’eus appris sur le sujet me satisfaisait parfaitement, jusqu’à ce qu’une idée étrange me traverse l’esprit tout à l’heure.
L’ancienne thèse
Je croyais d’abord que le fait d’entendre une phrase, un mot d’une chanson, ou même une chanson elle même nous faisait inconsciemment à celle-ci et qu’elle restait dans une zone tampon du cerveau où elle cherchait sa « classification ».
En réfléchissant on peut faire des liens:
- quelque chose peut me faire penser à une chanson que je n’ai pas nécessairement entendu récemment car ce « quelque chose » ou quelque chose de similaire à ce « quelque chose » s’est déjà produit durant la chanson ou encore y à été reliée.
- Ensuite lorsque ce lien se réactive entre l’élément (bruit, son, odeur, gens, couleurs, etc.) et la chanson, elle se met à nous hanter puisqu’elle est imprécise (nous ne la connaissons pas parfaitement ou il manque des éléments dans notre mémoire d’elle) comme si le cerveau n’était pas capable de gérer ce souvenir complexe de manière instantané. Il cherche l’intégral de son souvenir!
- Lorsqu’à ce stade nous décidons de « Réécouter » la version originale de la chanson qui nous hante, la chanson cesse presque aussitôt de nous déranger, comme si durant l’écoute nous découvrions une sorte d’éclaircissement, un bout, une nuance très spécifique qui nous avais échappée consciemment mais que notre subconscient avait détecté.
Certains disent que le seul moyen qu’ils ont trouvés pour perdre une chanson persistante est de chanter la chanson elle même tout haut, ou de l’écouter elle même. D’autres semble devoir chanter ou écouter une autre chanson qui bien souvent fini par les hanter elle aussi!
Sauf que…
Tout ça parait si simple! non?
Jusqu’à ce soir, c’est ce que je croyais… Il semble qu’un élément m’ait échappé: la redondance des chansons. Je me surpris à chanter « je me fous du monde entier » au beau milieu d’une conversation. Si mon interlocutrice ne me l’avais pas fait réalisé, je ne m’en serait jamais rendu compte! Pourquoi? simplement parce que c’est une chose qui m’arrive constamment, comme une habitude ou un style.
Qu’est-ce que « Frédéric » viens faire dans ça? Comme c’est quelque chose qui m’arrive souvent, il n’y a rien de spécial, croyez-vous! J’aime simplement cette chanson? En fait, cette chanson m’a toujours rendu indifférent. Ma tante me la chantait lorsque un oiseau ayant sensiblement un chant du même air gazouillait et ça me fatiguait de voir toujours cette chanson quétaine. Sincèrement, je crois que je ne l’ai jamais enduré au complet! Peut-être est-ce un mauvais exemple de ce qui se passe, mais je vais tenter d’illustrer ma seconde théorie:
Frédéric
je ne sais pas pourquoi mais il semble que cette chanson revienne souvent dans ma tête malgré moi.
La différence entre ce cas et le principe illustré plus haut est le suivant: Je ne me rend pas compte quand je la chante.
Pourtant, même si je la chante souvent, elle reviens toujours! ce qui semble aller à l’encontre de ce que je pensais plus haut! Il est tout de même vrai qu’elle disparait rapidement, chaque fois.
Si depuis deux ans, je chante cette chanson une fois ou deux par semaine aussitôt qu’elle me viens, sans trop m’en soucier et que je connais suffisamment les paroles pour ne pas avoir de blocage l’or de ma récitation. Si quand j’y pense, je ne trouves aucun points communs entre les moments où je récite inconsciemment cette chanson. C’est peut être parce qu’il manque quelque chose à ma théorie. Quelque chose qui sans aucun doute concerne la redondance!
Le problème de la redondance
Si le cerveau désire à ce point clarifier ce qui n’est pas clair, il ne devrais pas avoir à répéter l’évènement inutilement 3 fois par semaine! Il semble que les gens qui m’entoure ont aussi un problème de chanson redondante dans la tête.
En m’intériorisant, je découvre que frédéric n’est que la pointe de l’iceberg et que bien des musiques sans paroles me font le même effet, notamment un beat-box que j’ai eu l’occasion de partager avec Talaat à mainte reprise, que je connais sur le bout de mes doigts puisque je peux aisément en rédiger la partition, la jouer au piano, la chanter et la ressentir dans tout mon corps.
Il y a quelquechose qui fait en sorte que ces musiques nous arrive. Pour ce qui est de la cause directe, c’est fort probablement comme je le croyais: par un lien avec un souvenir etc. Par contre la raison profonde qui l’explique me dépasse réellement: Pourquoi la chanson/musique vient-elle nous hanter?
La raison profonde
C’est ce que je cherche, je n’ai malheureusement pas de réponse claire sur le sujet, évidemment.
J’ai quand même quelques hypothèses à développer concernant des raisons profondes expliquant « l’appel de la chanson en soi »:
- un besoin émotionnel
- une zone tampon créant une sorte de sécurité dans la redondance
- une difficulté de classement plus globale, impliquant autre chose que la chanson elle même (un souvenir imprécis, par exemple)
- une sorte de spasme de l’inconscient utilisant comme voie facile, une chanson.
- une réaction machinale de l’inconscient



